
Après un week-end de déconnexion, je découvre une publication de mon ami Fred Canonge de Paris, voyageur et photographe de talent. Nous nous sommes connus en 2009 sur un blog photographique aujourd’hui presque oublié, Flickr. C’était l’époque où les réseaux sociaux orientés photographie consistaient à publier des images et créer une communauté de photographes sans la présence de publicité ou suggestions issues d’un algorithme quelconque. Flickr existe encore. Il n’appartient plus à Yahoo et n’est plus la plateforme de référence en photographie comme c’était le cas à l’époque.
La plateforme reste toutefois encore disponible sous une forme presque identique. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas y retourner à ainsi ne plus devoir avaler les tonnes de publicités et suggestions que Instagram déverse de plus en plus, en particulier depuis quelques semaines.Sur son compte Facebook, Fred publie hier une série de 21 photos illustrant un très beau texte d’Olivier Germain-Thomas tiré de son livre “Le Bénarès-Kyôto” (prix Renaudot 2007).
Le texte traduit à la perfection l’esprit de l’Inde et de cette unique sensation pour ceux qui ont fait la route ou une partie de celle-ci du moins, dans cette partie du monde.
Voici le texte qu’il publie hier, dimanche que je découvre en ce lundi matin et qui m’a emmené instantanément dans les odeurs, les routes et les aventures du sous-continent indien. Des aventures inoubliables partagées pour la plupart avec ma précieuse amie Annik.
Rien d’autre à ajouter.
Belle semaine !
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J’en ai rêvé cette nuit. Ça faisait longtemps ! Les sensations étaient bien là : les odeurs, les couleurs, les sons, la chaleur humide, la torpeur, quelques visages… C’est dans cette bourgade côtière du sud-ouest de l’Inde, isolée sur une presqu’île entre deux estuaires, que je trouvais refuge chaque hiver (fuite ?), loin de l’agitation du monde, avec le sentiment très fort d’être chez moi.
Puis je me suis souvenu de ce passage du livre d’Olivier Germain-Thomas, “Le Bénarès-Kyôto”, noté sur un calepin :
“Dans les temples, les trains, les foules ou les villages, je découvrais des faces du réel qui dépassaient les mythes et mes rêves. Souvent, je n’osais m’approcher. Quelle est cette magie ? Que dissout-elle ? Je prenais les femmes pour des idoles. Craintes et fascination. Inutile d’en rire, ce fut une richesse.
De retour en France, je rêvai souvent de l’Inde. Elle était le lieu des impossibles. Peu à peu (une dizaine d’années), nous nous sommes apprivoisés. Je me suis étonné de mes étonnements passés. Assis sur la terre d’une chaumière, j’ai pu me croire chez moi. La vérité était plutôt celle-ci : chez moi, il y avait un village indien. Je continue à me croire chez moi, mais avec un sourire. Je sais que le fossé ne sera jamais comblé.”
Ces images, parmi beaucoup d’autres et souvent partagées, je ne les regarde plus. À quoi bon retourner dans le passé ? Et puis les souvenirs sont là, tenaces, dans un coin du cerveau. Mais il suffit d’un rêve, un voyage dans un autre univers (?) où le passé, le présent et peut-être bien le futur ne font plus qu’un (je vous jure, j’ai rien fumé 😊) pour qu’on y retourne avec l’envie irrésistible de partager encore.
#gokarna #india #karnataka #southindia #village #dream #nostalgia
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Compte de Fred: https://www.facebook.com/fred.canonge
Mon compte flickr qui n’est plus actualisé depuis 2018 mais avec plus de 2000 photos publiées entre 2006 et 2018 : https://www.flickr.com/photos/smagaz/


























