prendre le temps…

Mundos paralelos : Batalla

À la page 35 de son livre « Mundos paralelos », Rafael Martín raconte une anecdote de voyage qui se déroule dans un petit village du Haut Atlas marocain : Tacheddirt.
https://en.m.wikipedia.org/wiki/Tacheddirt
https://en.m.wikipedia.org/wiki/Tacheddirt
J’ai connu Rafael il y a une vingtaine d’année à Nerja lors d’une visite à mes parents. À l’époque il avait un magasin de sport, principalement consacré à la course à pied . Rafael était, à cette époque, un espoir national dans la course de fond et moi je me préparais tant bien que mal à mon premier (et unique) marathon.
Nous nous sommes vite liés d’amitié et avons découvert une passion commune au delà des excellentes chaussures de course à pied, le voyage.
Là vie nous a mené vers des horizons différents et des aventures diverses. Nous ne nous sommes plus revu jusqu’à récemment lors de la présentation de son livre.

En relisant son petit recueil de courtes anecdotes de voyages accompagnées d’une photo qu’il décrit avec talent, je retrouve les agréables sensations ressenties en lisant, à l’époque ( c’était encore le siècle dernier), Nicolas Bouvier et aussi l’attrait de retrouver “le Vent des Routes”  celui qui comme le décrit si bien Bouvier :

” Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.” — L’Usage du monde (1963)

Voici une photo de la page originale afin de contourner la traduction automatique du site

et puis, une modeste traduction en français qui s’approche, je l’espère, du style littéraire de Raphael
Bataille
En arrivant à Tacheadirt, je me suis assis sur l’un des remparts entourant un petit bâtiment. J’avais quitté Imlil assez tard et le soleil se couchait déjà derrière les montagnes enneigées de la vallée. Le voyage jusqu’ici a été solitaire, car à cette époque de l’année, il n’y a pas grand monde qui passe sur les routes une fois la nuit tombée.
De mon siège, je pouvais voir le village dans son intégralité : des rues pavées escarpées bordées de maisons en pisé qui semblaient avoir surgi du sol. Le murmure de l’eau cristalline d’un petit ruisseau et les aboiements des chiens me font croire un instant que je suis seul dans cet endroit idyllique.
Croyez-le ou non, j’ai remarqué depuis quelque temps que, depuis que je suis entré dans le village, des petits lutins me suivent de manière furtive et maladroite. L’un d’entre eux décide de se montrer, et il est bientôt accompagné d’un autre plus grand mais tout aussi maigre. Heureux qu’ils se soient décidés, je leur tends la main et les salue d’une voix douce et affectueuse.
-Salam alaikum.
Le plus petit me regarde d’un air espiègle et, en guise de salut, passe son pouce sur son cou, me faisant savoir à quoi m’attendre. …. Le signal semble avoir été donné. En une seconde, je suis entouré d’une bande de gamins, dont les visages crasseux tentent de m’intimider.
Lorsque j’enlève mon sac à dos, ils se dispersent. Ils pensaient sans doute que j’allais sortir l’arme avec laquelle j’allais me défendre, et c’est ce que j’ai fait : le sac de bonbons et la barre de chocolat les font se rendre à mes pieds.

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